L’architecte Yurika Takemura (Yurica Design & Architecture) est basée entre Nara et San Francisco. Elle aborde l’architecture comme un acte de remaillage des relations entre les personnes et les lieux, ainsi qu’entre le passé et le futur. Plutôt que de considérer l’architecture comme un objet figé, sa pratique s’attache à écouter les voix inscrites dans la mémoire et les matériaux, afin de leur permettre de réémerger doucement dans le présent.
Cette approche est guidée par son concept d’Open Nostalgia, qui envisage l’architecture comme un processus continuellement cultivé à travers le temps, l’usage et la présence humaine. Le projet architectural devient alors un geste discret et cumulatif, façonné par des rencontres répétées.
Dans son travail récent Traces of Earth, Yurika a été sélectionnée comme jeune architecte émergente pour l’Expo 2025 Osaka, Kansai. Le projet réinterprète les Zannen-ishi, pierres extraites il y a quatre cents ans pour les murailles du château d’Osaka mais jamais utilisées, comme une ressource existante à la fois ancienne et nouvelle. En les intégrant à l’architecture, elle relie savoir-faire traditionnel et technologies contemporaines, et cherche une architecture en dialogue étroit avec la nature.
Au détour d’une ruelle, la cour se dévoile derrière une imposante porte rouge. L’espace semble d’abord secret, presque confidentiel, comme une respiration cachée au cœur de la ville. Une lueur zénithale, des plantes tapissant les murs et c’est à cet endroit que se crée l’événement.
Dans le tourment d’un panache de couleurs, les fragments se démultiplient. Ils se croisent, s’effleurent, se répondent. Le spectateur contemple cette canopée chromatique qui oscille sous le vent et brille au contact d’un rayon de soleil.
Selon l’angle de vue et les déplacements, l’ensemble se transforme : les couleurs s’intensifient, se superposent, se fondent, composant sans cesse de nouvelles harmonies. L’installation invite le regard à s’élever, ralentir, s’attarder sur chaque détail de ce tout.
Et lorsque l’on quitte la cour, il demeure cette douce sensation, comme si quelque chose, là-bas, continuait de vibrer en nous.
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