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Découvrez les installations du FAV 2021





SOLEIL DES JARDINS
Soto Antunez Isabel, Gonzalez Gracia Elena

Pantin // France / Séville //Espagne

Soleil des jardins est une installation invitant le public à se questionner sur le rôle de ces anciennes cours dans les villes contemporaines entre autres. Comme un petit oasis, la cour Hortoles invite au visiteur à décélérer du rythme imposé par la ville à l’extérieur. Doucement, en parcourant l’étroit chemin sculpté à l’intérieur de cet espace, le visiteur sera amené à sortir de la ville, tout en restant dans la ville. Quitter la vitesse et finalement oublier le quotidien.

Des plantes et des pots couvrent une grande partie de la cour faisant de la nature l’une de ses composantes identitaires. Soleil des jardins, l’une des dénominations du tournesol, s’appuie sur cette composante pour proposer un dialogue avec son environnement à travers d’un faux champ de tournesols. Notre installation se compose donc de la multiplication d’un même élément, un tournesol en céramique, qui s’insère dans une trame topographique. Cette trame cherche à son tour à créer une masse volumétrique dans l’espace. Finalement, elle sera taillée pour ouvrir un chemin étroit et sinueux qui invitera aux visiteurs à le parcourir en solitude.

Dans le chemin, les fleurs regardent toujours le visiteur, il est pour ces fleurs ce que le soleil est pour les tournesols, la lumière qui les guide. Soleil des jardins est finalement un jeu des mots, pour annoncer le rôle protagoniste qui aura l’homme, qui deviendra, au travers l’installation, son élément principal. Il aura un rôle actif en lui invitant à une expérience sensible de l’espace architectural le long d’un parcours introspectif et de transition. De la vitesse à la lenteur.

La lenteur sera également représentée au travers ces pièces céramiques qui évoquent les tournesols. Ce sont des pièces d’artisanat, conçues avec l’artiste céramiste Raquel Eidem et construites par ses propres mains. Nous avons voulu ramener l’ancien art andalou de la terre cuite, dès notre région d’origine, pour le faire dialoguer avec la taille en pierre de la cour Hortoles. Histoire, art et artisanat cherchent à cohabiter ici.

Au fur et à mesure que le visiteur avance dans la cour, il devient un pèlerin qui s’abstrait doucement en se questionnant sur le passé, le présent et le futur.





4HARPS
YESOBAZA

Guillaume Peyret, Maris Dinis, Steven Servanton
Saint Etienne // France

« La harpe était un instrument universel : on la célèbre sur tous les continents et toutes les catégories sociales s’expriment à travers son art.», Barthel Laure «Au cœur de la Harpe».

La musique est l’un des premiers arts avec l’architecture à exister depuis de long millénaires. Les premières traces d’utilisation de harpes datent d’environ -3500 AV JC en Mésopotamie.

À l’heure de la transition numérique, nous avons souhaité concevoir un instrument de musique confondu dans le mobilier urbain et créer une dualité par la forme d’un objet ancestral et universel. L’objectif de l’installation est de créer un moment sonore, harmonique, expérimental et pédagogique par une étape spatiale entre deux espaces. Les quatre harpes sont matérialisées par quatre cadres munis de câbles en acier représentant une cloison à claire-voie. Les harpes sont munies d’un système interactif qui, lorsque l’on touche les câbles en acier (qui matérialisent les cordes de la harpe) génère un son par vibration, différent pour chaque câble, dans le cadre en bois et génère ainsi un « cloître sonore » dans l’intériorité de l’installation.

Par cette installation, nous voulons créer un passage fonctionnel pour le corps et l’esprit à l’image d’une transition pédagogique et sensible. Les harpes sont montées en atelier et seront posées directement sur place. Le système est auto-stable et nécessite une simple alimentation 220V.







RED BAG LADY
anekdote

Montreal // Canada / Aix-la-chapelle // Allemagne

Le 21e siècle a vu s’effriter l’art de bâtir au profit de l’image. L’architecture se consomme. Plus globale, codifiée et politisée – dans une hégémonie culturelle propulsée par une règle du pouce (en l’air) – elle recrée un environnement plastique, libre du poids de l’histoire et de la culture. Le contexte est suggéré : plantes tropicales et personnages se juxtaposent dans une performance de photoréalisme quasi chirurgical.

La ‘Red Bag Lady’ renvoie à l’un de ces personnages prédécoupés (un «cutout»). Sa surutilisation autour du globe dans les images de synthèse est un symptôme de ces bouleversements.

Face aux images sursaturées se battant pour notre attention sur des écrans LED, la ‘’Red Bag Lady’’ — un élément a-contextuel de composition d’image — fait le saut vers le réel. L’icône de la représentation numérique se matérialise en une énorme pièce de polycarbonate. Elle invite à questionner notre consommation d’image en transformant l’habituel en inusité.





SABLIER
Atelier 4 & SP25 Arquitectura

David Oliva Torras, Elisenda Planas Costa & Anna Juncà i Frigola
Vic // ESPAGNE


Nous vivons dans une période de transition. Environnemental, numérique, écologique, social, économique et aussi architectural. On est dans un état intermédiaire, dans lequel nous devons prendre conscience de ce qui nous entoure pour pouvoir le changer et améliorer. SABLIER est un manifeste de cet état transitoire. Une invitation à justifier le besoin de bouleverser l’architecture. Inversez tout ce que nous savons, de la faire évoluer et de la transformer en quelque chose de nouvelle et de mieux.

L’installation montre une maison comme un élément de base de l’architecture, et simplifie la géométrie de base à son expression minimale. Une belle structure pour sa simplicité. Grâce à la répétition rythmique de différents plans, il est possible de donner du volume et de la profondeur à la pièce. Au milieu de la maison, une petite lumière allumée, symbole du confort au foyer et d’espoir.

La structure de cette maison se reflète sur une couche d’eau et elle élargit notre vision de l’installation. Le reflet de la maison sur l’eau double l’image, en réalisant une symétrie qui révèle la forme d’un sablier. Un élément que mesure le pas du temps, et qui nous fait prendre conscience du processus de transition que nous traversons. Une transition qui fait partie d’une inertie évolutive imparable.






NATURE EN TRANSITION
AGRESTE

Florent Clier, Charlotte Fagart, Sebastien Roussel
Paris // France

“Nature en transition” est l’occasion de regarder la nature comme une pièce rare faisant partie d’un patrimoine commun dont la protection doit devenir une priorité. Notre installation propose deux axes de réflexion :

L’un plus scientifique, vise d’abord à expliciter les moyens techniques à notre disposition pour permettre à la nature de surmonter l’épreuve du réchauffement climatique. Elle propose de décrire les recherches en cours qui permettent de mieux connaitre la réactivité et la résilience de nos milieux dans les prochaines années.

L’autre est plus philosophique. Cette initiative est l’occasion de créer un environnement clos, représentatif de l’essoufflement de la biodiversité au profit de l’expansion des villes sur les campagnes et de la mainmise de l’homme sur les espaces naturels.

Cette installation offre l’opportunité d’observer, d’analyser, de décortiquer nos écosystèmes pour mieux les comprendre, afin de mieux les protéger et de les rendre plus durables.

Notre projet s’affirme comme une possible vision de la protection de la nature, où l’on accepterait humblement de ne pas tout contrôler, mais au contraire d’établir un lien avec elle par la connaissance et l’écoute, afin de conserver des lieux où nous ne sommes pas seuls, des lieux de nature préservée où nous ne faisons que passer.










AN 4000
Atelier AJO

José Roldán et Alice Delattre
Cabra // Espagne / Paris // France

An 4000. Le visiteur se regarde dans le miroir et s’offre à lui l’expérience d’un scénario futur.

En approchant, son reflet s’estompe : il n’est plus. L’Humanité n’est plus. Mais la planète continue de vivre sans lui, comme elle l’a déjà fait durant les 99,9% de son histoire. Dans une longue transition et une incroyable capacité de résilience, la nature prolifère à l’infini, de toute part, absorbe toutes les traces laissées par l’Homme sur l’écosystème.

Le dispositif est simple : deux miroirs sans tain face à face. Le visiteur, placé derrière le premier, s’y contemple. Mais en avançant, ce n’est plus son image qu’il voit : c’est celle de l’autre miroir et de la masse végétale qui se situe dans l’interstice entre les deux miroirs, qui se reflète à l’infini - une vision possible de l’espace submergé par la nature, dans 2000 ans -.







BLOOM
Vigouroux Mathilde

Paris // France

BLOOM est un projet collaboratif où l’imaginaire de chacun est sollicité, avec l’idée que la notion de temporalité reflète pleinement la transition. Il propose la transformation progressive d’un espace noble autour d’un élément aussi poétique que symbolique mis au service de l’architecture : l’arbre, métaphore d’un état transitoire perpétuel. Majestueux car minimaliste, il plante le décor et éveille la curiosité, pour devenir le support esthétique de la mise en scène du passage du temps, et un terrain d’expérimentation de la transition. Au fil du temps, les visiteurs sont invités à nouer autour des branches un message exprimant leur transition de demain et ainsi participer à l’effloraison de cet arbre de papier. Ensemble, ils contribuent à la métamorphose architecturale de la cour, dont on redécouvre à chaque instant la lumière et la beauté, et qui devient un lieu vivant et fédérateur, dans lequel on peut se déplacer, s’exprimer, transmettre.







LA VENELLE GARDIANDE
Atelier MICROMEGA

Gauthier Martinez, Alexandre Lahaye, Thomas Pourteyroux, Justine Guyard, Charlie Granjon
Lyon // France


Passer de l’Abondance à la Frugalité
du Global à la Spécifi cité
de la Ville au Territoire
de la Rue à la Cour

La Venelle Gardiane est une architecture tissant des liens  entre la pierre et le roseau, entre la carrière et le marais, entre  l’histoire et l’humain, entre l’urbain et le rural.  
Monolithe de roseaux, elle évoque la “cabane de gardian”, ses  porosités animent les clairs-obscurs du soleil méditerranéen,  sa dimension révèle l’intimité de la cour.  
La regarder, la toucher, y pénétrer, surprendre ses sens  et plonger dans une expérience qui s’ouvre sur le territoire  montpelliérain.
La pureté de la pierre de taille dialogue avec la vibration  du roseaux. Du permanent à l’éphémère, la mise en œuvre  transcende la ressource comme matériau.
Le roseau est métamorphosé le temps d’un festival, il reviendra  à la terre. Les regards resteront changés, la tradition ré inventée.

du Dehors au Dedans
Passer par la Venelle






L’ESTHETIQUE DU MAL
Hernandez Hugues, Marty Ariane, Baufils Morgan

Bordeaux // France

Los Angeles, 2015, face à la sécheresse extrême, des millions de balles en plastiques noires sont déversées dans les réservoirs d’eau à ciel ouvert de la ville, afin de bloquer les rayons du soleil et atténuer l’évaporation, offrant un spectacle inédit. Cet évènement témoigne de l’aptitude de l’homme à privilégier des solutions techniques face aux problèmes environnementaux plutôt qu’à réinterroger l’obsolescence de son système. Cette hérésie climatique met en exergue la difficulté de l’Homme à intégrer dans son comportement l’impact du changement climatique.

En s’érigeant au rang de totem, monolithe au milieu d’une marée de balles de plastique, l’installation révèle notre dépendance à ces matériaux omniprésents dans nos vies et interroge la notion d’éthique dans nos pratiques individuelles et collectives.

Dans une ère anthropocène en quête de transition, comment ne pas succomber à l’esthétique du mal qui façonne le monde et le perpétue dans ses aberrations ?








DEBORDS DE MER
Farga

Laffargue Anthony, Millet Lauranne
Lyon / Gaillard // France

Lagunes européennes

Trois colonnes miroitantes reflètent la montée des eaux dans trois lagunes européennes : Venise, Rotterdam, Montpellier. Leurs traits de côte respectifs évoluent à une vitesse croissante, modifiés par la montée des eaux et l’érosion de nos côtes. Les cylindres sont ourlés en leurs sommets du dessin actuel de ces mêmes côtes. La forme et la position de ces trois objets encouragent à la déambulation et à l’observation. Leur matérialité réfléchit ce qui les entourent, en redessine les lignes. L’inconnu s’annonce, revêtant toutes les formes suivant notre position dans l’espace de la cour.


Perception en mouvement

L’installation est immersive, et la perception d’un mouvement virtuel, provoqué par le changement de point de vue du spectateur tire ses racines de l’art optique des années 1960. Le déplacement des promeneurs accompagne et accentue l’évolution de la perception de l’environnement. Les cylindres reflètent la cour, le sol, le ciel, eux-mêmes et surtout les visiteurs, leur renvoyant une image déformée, perturbant le parcours. Cette installation symbolise la transformation de notre environnement et notre compréhension changeante de ce phénomène : incrédulité, peur, fascination, rejet, acceptation.


Poétique du trouble

Par leur masse apparente et leur matérialité, les trois émergences occupent hardiment l’espace de la cour. Les visiteurs les contournent, lèvent les yeux pour observer les côtes, contemplent

les reflets du sol et de leurs pieds, s’observent à travers elles. Elles troublent notre perception de cette cour. La distorsion de la réalité ainsi provoquée, trouvant son inspiration dans les œuvres de Anish Kapoor, annonce une perturbation de nos références. « Débords de mer », interroge, d’une manière ludique et poétique notre rapport au monde et à son évolution, au connu comme à l’inconnu, au tangible et à l’immatériel.