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CINQ HEURES DU SOIR
Decode - Lea Cottreel & Antoine Decourt
Paris // France

Decode est un atelier pluridisciplinaire, créé en 2012 à Paris, par les architectes Léa Cottreel et Antoine Decourt. Leur travail intègre et expérimente les différents aspects liés à la production architecturale. Ils réalisent des projets aux échelles diverses, de la petite installation au projet de développement urbain. Ils explorent au travers de leur pratique architecturale les relations entre les choses et les évènements, l’espace et le temps, la ville contemporaine et ses mutations. Leur processus de création s’appuie à la fois sur un travail de composition précis et sur une pensée constructive du projet. Léa Cottreel est architecte hmonp, diplômée de l’école d’architecture de Paris Belleville en 2010, Elle collabore depuis 2011 avec l’agence Philippe Gazeau à Paris. Antoine Decourt est architecte hmonp, diplômé de l’école d’architecture de Paris Belleville en 2009. Il collabore depuis 2010 avec l’agence parisienne Hardel et Le Bihan.

Decode is an architectural design studio founded in 2012 by Léa Cottreel and Antoine Decourt, and based in Paris. Decode works and explores several aspects of architecture production. We are interested in projects of various scales ranging from small interior design to urban project. We explore through architectural practice the relationship between things and events, the city change. This creation process is essentially based on composition and strong construction detail. Léa Cottreel studied and received her diploma of architecture (2010) from ENSAPB, (France). She received her master degree from Delft University of Technology. After working for OMA/ Rem Koolhaas (Rotterdam) she moved to Paris where she is a project leader in Philippe Gazeau Architecte. Antoine Decourt studied and received his diploma of architecture (2009) from ENSAPB, (France). He worked in several office in France and abroad which EEA/Erick van Egeraat(Rotterdam), OMA/ Rem Koolhaas (Rotterdam). Now he is working in Paris where he is a project leader in parisian office Hardel et Le Bihan.



« L’homme qui a une bonne mémoire ne se souvient de rien parce qu’il n’oublie rien ». Marcel Proust
C’est à la lumière de cette idée que l’on s’interroge sur le souvenir. Cette phrase paradoxale propose une vision du souvenir inouïe. Se souvenir aurait donc plus à voir avec l’oubli qu’avec la mémoire, de la même manière qu’il faut fermer les yeux pour voir. Ce que nous voulons explorer ici c’est l’idée qu’il faut oublier pour se souvenir. Nous mettons en scène l’inaccessibilité du souvenir et l’oubli condition sine qua none à son surgissement. Il s’agit de comprendre à quel point le souvenir est insaisissable sauf peut-être par le biais de l’oubli. Son surgissement échappe à tous et demeure une énigme. Ainsi, parcourir notre installation c’est rentrer dans l’essence propre du souvenir et se confronter à l’oubli. Quand le visiteur entre dans la cour il découvre tout d’abord au sol une trame carrée, elle représente et rend sensible l’espace et le temps. De très hautes chaises, uniques éléments émergeant de ce sol symbolisent l’inaccessibilité du souvenir. Puis, en se rapprochant il s’aperçoit que le sol quadrillé est composé par des dalles en mousse aluminium et des dalles de verre miroir dans lesquelles se reflètent le lieu, lui-même et tout ce qui l’entoure. La surface lisse de ces miroirs contraste avec la surface des dalles en mousse aluminium dématérialisées et vaporeuses rappelant la texture de la lave qui fait apparaitre les plis de la matière faisant directement écho aux plis du souvenir. Cette structure architecturale ouvre alors de multiples cheminements à la fois physiques et psychiques avec les visiteurs. L’installation dialogue ainsi avec le lieu et ses alentours, et transforme les perceptions courantes des choses. Toutes les conditions sont réunies pour oublier et se souvenir…

« The man who has a good memory remembers nothing because he forgets nothing. » Marcel Proust
It is in the light of this idea that we think about memory. This paradoxical sentence proposes an unusual approach of the memory. To remember had more to do with the forgetting that the memory, as the same way we need to close our eyes to see. What we want to explore in this architectural installation it is the idea that we must forget to remember. We recreate the memory inaccessibility and oblivion as a precondition sine qua none to the memory arising. The purpose is to understand how much the memory is elusive except perhaps by the oblivion. Memory invites to the lapse, unconscious, emotion. Its appearing eludes to everybody and remains an enigma. Thus, undertake our installation it is like enter in the very essence of memory, to deal with the oversight. Firstly, when the visitor enters the courtyard he discovers a ground grid meaning time and space. Then, chairs very large and high, unique elements emerging from the grid symbolise the inaccessibility of the memory. Later, getting closer he realizes that the ground grid is composed of mirrors and stabilised aluminium foamed in which are reflected the place itself and everything that surrounds it. The smooth aspect of the mirrors contrasts with the dematerialised and vaporous stabilised aluminium foam. This material remember us the lava texture and its folds revealing the memory folds. The structure opens multiple pathways both physical and psychic with visitors. This installation is an architectural experience and generates several spatial articulations. It dialogues with space itself and turns common perceptions of things. All conditions are met to forget and remember …